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| | Musée du Louvre : une machine à remonter le temps [Benjamin Bongoin] | |
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 | Sujet: Musée du Louvre : une machine à remonter le temps [Benjamin Bongoin] Sam 21 Mar - 19:53 | |
| Suiki avait envie de sortir. Besoin de sortir. Un peu d'air frais ne lui ferait pas de mal...Du moins, c'est ce que les gens avaient envie de croire. Aujourd'hui, il préférait rester à l'intérieur. Bien que le printemps approchait, les nuits étaient toujours aussi glaciales. Mais ça lui donnerait une excuse d'aller visiter le musée du Louvre. Combien de temps n'y était-il pas allé ? Plusieurs années déjà...Alors qu'il vivait à Paris. Quel bouffon ce mec, aussi.
Il paya son ticket, entra, et se mit à se balader dans les secteurs, prenant son temps à observer les objets exposés dans certains secteurs et passant plus rapidement dans d'autres en jetant un simple coup d'oeil. Une fois arrivé dans la partie égyptienne, il ralentit le pas et sourit. Voilà un pays qui le passionnait.
Il s'avança lentement, fixant les objets un par un afin de les graver dans sa mémoire, jusqu'au dernier détail. Il se souvenait qu'une fois, quand il était petit, il prétendait de manière profondément convaincue qu'il deviendrait un jour archéologue. Finalement, il ne l'est pas devenu. Enfin, dans un certain sens, peut-être que oui...Le terme "historien" lui correspondait sûrement mieux. N'empêche que professeur de sciences lui aurait collé comme un gant. Parfois il regrettait de ne pas avoir choisi cette voie...mais il était plus souvent très heureux de ne pas l'avoir fait, finalement. Après tout, c'est comme ça qu'il a fait la connaissance de Jerry et Aria.
Au même moment où il pensait à Aria, il aperçut du coin de l'oeil un homme. Un vampire. Pas la peine de réfléchir longtemps pour le savoir.
...Tiens ? Ne l'aurait-il pas déjà vu quelque part, par hasard ?
Sui s'approcha de lui, d'un pas sûr et ferme, et s'arrêta lorsqu'il arriva à sa hauteur. L'homme l'ignora un instant- juste un instant- avant de se tourner lentement vers lui.
Ils se fixèrent un moment, sans un mot.
- Bonsoir, dit l'homme.
- Bonsoir, répondit Sui après une minuscule hésitation.
- Est-ce que je peux faire quelque chose pour vous ?
Sui vit bien que le vampire ne semblait pas apprécier qu'il le fixe de cette manière. Que le vampire trouve ou non Sui aimable n'était pas sa préoccupation la plus important à ce moment-là, et il s'en fichait grandement de manière générale de toute façon. Même si dépasser les bornes de la politesse était hors de question.
- J'ai juste pensé que j'ai déjà dû vous croiser quelque part, expliqua Sui avec toute l'honnêteté du monde et poursuivit en baissant un peu le ton. Vous êtes vampire, n'est-ce pas ? |
|  | | Benjamin Bongoin Vampire

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Feuille de personnage Pouvoirs: Télékinésie, télépathie, bref tout un tas de pouvoirs que les mortels ne peuvent qu’effleurer de leur imagination. Age: 758 ans Camp: Neutre
 | Sujet: Re: Musée du Louvre : une machine à remonter le temps [Benjamin Bongoin] Mer 25 Mar - 16:55 | |
| Le soleil déclinait dans le ciel. Lentement, il descendait vers la terre, et bientôt, il allait disparaître, ne laissant derrière lui que sa lueur pourpre comme dernier adieux. J’aimais ce moment de la journée, le moment où mes muscles reprenaient toute leur vigueur, où je revenais à moi, avec pour seule envie de me nourrir. De ma main blafarde, j’ouvris le cercueil habilement dissimulé dans mon appartement qui me servait de refuge pour la journée. Je fis un pas en dehors, puis un autre. Je passai machinalement ma main dans mes cheveux, puis me dirigeai vers une petite pièce que les mortels nomment dressing, et qui était, comme le veut sa fonction, pleine de vêtements en tous genres. Je choisi l’une de mes plus belles chemises de satin, elle irait parfaitement avec ce pantalon. Chaque soir, je passais plusieurs minutes à m’interroger sur ma tenue. Dormir tout habillé dans un cercueil avait pour effet de froisser légèrement mes vêtements. Etant donné que j’étais un riche propriétaire, je ne pouvais me permettre de sortir ainsi.
Une fois ma tenue choisie, je me contemplai dans un miroir. Quelle absurde idée que de croire que les gens de mon espèce n’ont pas de reflet. Et pourquoi donc n’aurions nous pas le droit de nous contempler, nous qui étions d’une remarquable beauté ? Si ça n’avait pas été mon reflet, je me serais embrasser tant je me trouvais irrésistible. Mais après tout, surveillons nos chevilles, car un immortel riche comme Crésus ne va pas en plus tomber dans le narcissisme. Cela aurait été totalement indécent.
Mes oreilles surnaturelles captaient les moindres conversations dans mon restaurant, juste en dessous. Les clients commençaient à arriver. Les humains restaient dans la salle principale tandis que les immortels se dirigeaient d’eux même vers l’arrière salle d’où émanait une atmosphère tout à fait glaciale et repoussante. Je n’aimais pas le contacte des autres vampires. Je préférais croire que j’étais le seul. Depuis que Luciano était partit, je n’avais plus tenté de revoir mes semblables. Mais ceux de ma race qui souhaitaient venir se délecter d’un quelconque breuvage ou tout simplement discuter avec des immortels venus des quatre coins du monde à Paris venaient dans cette salle, et discutaient comme bon leur semblait.
Je sortis de mon logement de fonction, si je puis dire, et descendis lentement les marches de l’escaliers qui m’était réservé. Arrivé au rez-de-chaussée, j’ouvris en pensée la porte qui se trouvait devant moi et comme par miracle, elle m’obéit. J’aimais vraiment cette vie. Je débouchai alors dans une pièce accueillante où d’innocents mortels venaient dépenser leur argent afin de goûter au summum de la nourriture à la mode du moment. Comme à l’ordinaire, mon restaurant faisait salle comble et des gens piétinaient dans l’entrée tandis que la réceptionniste leur disait d’aller manger ailleurs pour ce soir car il n’y avait plus de place. Je vis quelques habitués et leur fit signe. Je passai devant la porte de l’arrière salle sans même y faire attention, je savais que là aussi il n’y avait plus de place, et je m’en félicitais. Dans les cuisines, on s’affolait, c’était l’effervescence, et tous se décarcassaient afin de faire du mieux qu’ils pouvaient pour ce soir encore, c'est-à-dire la meilleure cuisine de Paris. Certes, vous vous dîtes sûrement, « il invente », « il se flatte », « quel prétentieux », mais parlez de mon restaurant aux plus grands critiques en matière de cuisine, et ils s’accorderont à vous dire que c’est l’adresse à ne surtout pas manquer.
Je m’avançait lentement vers l’entrée, là, l’hôtesse d’accueil s’efforçaient de faire comprend à un couple qu’il n’y avait plus de place, mais qu’ils pouvaient réserver pour le lendemain. L’homme se scandalisa, disant que c’était ce jour même qu’ils voulaient manger et non pas demain. Ma belle employée, la quarantaine, les cheveux coupés court me regarda en signe d’impuissance. J’interprétai cela comme un appel à l’aide.Je crois pouvoir arranger cela, dis-je en arrivant auprès des clients.
D’un geste de la main, je fis mettre deux couverts à une table que je me réservais d’ordinaire afin de contempler le flot de mortels se déversant chez moi, juste entre mes bras. Je n’avais alors plus qu’à choisir. La femme me remercia d’un sourire que je lui rendis tandis que son mari me regarda de travers. Méfiant sans doute devant un être si pale, si rigide. Peut être avait-il perçut cette pointe de gentillesse comme totalement illusoire et ironique pour l’être que j’étais. Peu importait. De toute façon, j’avais envie d’aller chasser dehors ce soir. Je franchis donc la porte vitrée de mon établissement et me retrouvais dans la rue.
L’air frai du début du printemps aurait dut me saisir, mais je ne perçus qu’une légère sensation qui me fit frissonner de bien être. Alors, fermant les yeux, je restai là, devant la porte de mon restaurant, puis, je me mis en route. Je commençai à arpenter les rues, au hasard. Prenant à un moment à gauche, puis allant tout droit pendant plusieurs centaines de mètres avant de subitement changer de direction. En réalité, je me fiais à mon instinct. Dans le silence de la nuit j’avais perçu l’appel à l’aide d’une pauvre et désolée jeune victime. A présent, je la suivais à travers la ville, usant de mes dons surnaturels pour entendre ses pensées, sentir son odeur.
A peine cinq minutes après avoir repéré cette cible potentiel, je me retrouvait derrière elle, silencieux et vif comme une ombre. Il ne me fallut qu’un instant pour saisir cette frêle créature et l’immobilisé tandis que je me délectait de son sang chaud et délicat. Une fois cette pauvre enfant à la limite de la mort, je la libérais de mon étreinte mortelle et la laissait gémir à mes pieds. Pas une seule gouttes n’avait été gaspillée. Que c’était bon de sentir son corps reprendre en partie vie. De sentir ce liquide sucré nous parcourir les veines et une douce chaleur nous gagner. Si je n’était plus pâle comme le marbre, j’étais au moins suffisamment coloré pour passer inaperçu. Etendu devant moi, le corps gémissant et frémissant de la pauvre jeune femme que j’avais surpris et vidé de son sang en quelques secondes. Je m’en saisi et le jetai dans le trou béant d’un conduit d’égout que je refermai sur ma victime. Ainsi, le corps ne serait retrouvé qu’au bout d’un certain temps, brisé et couvert de crasse.
J’entrepris alors de reprendre ma visite nocturne de la ville. Je n’étais certes pas repu, mais un repas me suffisait. Plus aurait été de la pur gourmandise, et si je me le permettait chaque soir, alors j’aurai perdu tout plaisir à chasser plus que de raison. En déambulant dans les rues de la capitale, je m’étais souvent dis que Paris avait beau être une vieille ville, elle n’était pas immortelle, et ce à quoi elle ressemblait aujourd’hui n’avait rien à voir avec le Paris de mon vivant. Ces pensées me plongeaient à chaque fois dans un état d’infinie tristesse et de mélancolie si terrible qu’un cœur mortel n’y aurait survécu. J’étais là depuis des siècles, et j’errais encore en anonyme dans cette ville. Oh ! Réveillez-vous ! Je suis plus vieux que cette maudite Tour Eiffel, plus vieux que ces jardins que les touristes visites sous le soleil d’été, plus vieux encore que le palais du Louvre. Et pourtant, je ne suis qu’un passant à vos yeux, alors que je suis un monument d’après mon âge.
Et à chaque fois, j’avais envie de voir des objets plus vieux encore. De voir des choses que mon esprit ne pouvait situer dans le temps. Et le Louvre justement, toute jeune bâtisse à mes yeux regorgeait de multiples bibelots de toutes les époques de l’humanité. Je n’étais qu’une poupée de porcelaine tout fraîchement sortie du four par rapport à ces vases et autres masques.
Les visiteurs allaient et venaient dans les couloirs du musée. Tous flânaient, usant des dernières heures de la journée pour venir se changer l’esprit. Quel jour étions-nous ? Je n’en savais rien. J’avais perdu le compte des jours depuis mon réveil. Mais après tout, les jours importaient peu pour moi. Et le décompte des nuits n’existant pas dans l’imaginaire des hommes, je ne pouvais me repérer aussi facilement qu’eux. Et je n’en avais guère besoin.
L’Egypte, terre natale de mes semblables à en croire les récits du vampire Lestat. Je ne savais pas ce que les gens trouvaient à cette terre mythique et antique, mais moi, j’y retrouvais mes racines en quelques sortes. Ces objets somptueux et si anciens, à la beauté immaculé et à la matière encore brillante me rappelait les magnifiques buveurs de sang qui arpentaient le monde, certains plus vieux que les Pyramides elles-mêmes.
J’étais seul dans la salle, les visiteurs rentraient pour la plus part chez eux, et le musée était tellement grand qu’en dehors des heures d’affluence, il n’y avait pas grand monde dans certaines salles, notamment celles ne dévoilant pas d’infinis trésors connus dans le monde entier ou n’exposant pas les dernières œuvres à la mode. Ainsi j’étais seul, enfin presque. Il y avait ce jeune homme dans le coin opposé de la pièce. Il observait avec attention les objets sous vitrine. Je n’y fis pas attention. Il avait bien le droit de se trouver là lui aussi. Néanmoins, alors que je me déplaçait en silence le long des vitrines, plongé dans mes pensées. Je remarquai que l’homme me regardait de temps à autres. Puis, il sortit de son silence et fit le premier pas. Il arriva juste à côté de moi et m’observa quelques secondes, tandis que je scrutais se visage, et que je tentai de pénétrer le fond de sa pensée. La plus part des souvenirs étaient voilés, volontairement ou pas.-Bonsoir finis-je par dire, une pointe d’agacement dans la voie tant le fait qu’un parfait inconnu m’aborde de la sorte et me fixe avec une telle intensité me semblait impolie.
L’homme le salua à son tour, presque surpris.- Est-ce que je peux faire quelque chose pour vous ? La manière qu’avait cet homme de me regarder me dérangeait. Elle ne me mettait pas mal à l’aise, non. Mais elle m’insupportait. J’eu envie de me volatiliser et ma promenade parmi les époques me sembla une torture. Tous ces objets exposés me rappelaient finalement avec douleur l’époque de mon vivant, où j’avis un père, une mère et des sœurs. Où j’avais été enfermé, toute une nuit dans un cachot lugubre attendant avec horreur l’heure de ma pendaison. Ce même cachot où mon bien aimé Luciano s’était introduit, et avait fait de moi ce que je suis aujourd’hui.- J'ai juste pensé que j'ai déjà dû vous croiser quelque part. Vous êtes vampire, n'est-ce pas ?A ces mots, une bouffée de colère monta en moi. Je dû serrer les points afin de me contenir. Les muscles de mes mains étaient tendus si fort que mes ongles lacéraient mes paumes. Une goûte de mon sang d’immortel s’échappa lentement de mon poing et hésita avant de tomber en silence sur le sol du musée. Reprenant le dessus sur mon tempérament de buveur de sang colérique, je rouvris mes poings, les blessures de mes mains avaient déjà cicatrisées. Je fixai l’inconnu droit dans les yeux, et je sus.-Ce sont vos amis les rats de bibliothèque du Talamasca qui vous ont appris à reconnaître un vampire ? Ou avez-vous un jour eu affaire à l’un d’entre nous monsieur de la Fontaine ?Il m’avait été aisé d’obtenir ces informations malgré lui, car son nom et celui de l’Ordre était omniprésent dans son esprit.
Nous étions donc seuls dans cette pièce. Avec pour seuls témoins les antiquités de la belle Egypte. |
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 | |  | | Benjamin Bongoin Vampire

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 | Sujet: Re: Musée du Louvre : une machine à remonter le temps [Benjamin Bongoin] Lun 6 Avr - 18:58 | |
| Je restais là, à regarder son visage, si jeune. Bien sûr, en posant ma question, je connaissais déjà en partie la réponse, cela avait été une sorte de provocation que de l’interroger sur ses expériences passées. Ainsi, ce jeune humain avait des contactes fréquents avec une immortelle du nom d’Aria. Son nom ne me disait pas grand-chose. Mais si je voyais chaque jour des buveurs de sang dans mon restaurant, je ne les connaissais pas tous, bien loin de là.
Lentement, je fis le tour de monsieur de la Fontaine, regardant paresseusement les objets exposés, écoutant d’un air à première vue distrait mais enregistrant chacune des informations dans mon cerveau surnaturel. L’homme sembla se décontracter un peu, il fourra ses mains dans ses poches. Je n’eu pas besoin de me retourner pour le savoir.
Je m’attardai un peu sur la pièce dans laquelle nous nous trouvions. Elle n’était pas bien grande et pourtant pourvu de deux larges fenêtres par lesquelles je distinguais la ville sous cette belle nuit dégagée. Le long de chacun des murs était disposés de petites vitrines pleines d’objets anciens comme je l’ai déjà expliqué. Au centre, une petite banquette pour ceux qui souhaitaient observer l’exposition sans avoir à bouger, ou pour les plus fatigués. Je regardais à présent par la fenêtre, les mains jointe dans le dos, immobile.
L’homme du Talamasca marqua une courte pause après ses brèves explications, puis prit de nouveau la parole. - Et vous ? Est-ce que vous avez déjà eu affaire à un membre du Talamasca avant moi ?
-A vrai dire, jamais. Ou du moins, pas d’aussi prêt. J’ai été plusieurs fois suivit par quelque uns de vos camarades, mais aucun d’eux ne m’a adressé la parole. Je crois savoir que le Talamasca redoute le contacte avec mes semblables. Nous sommes dangereux.Je me tus, tournant lentement sur moi-même de façon à pouvoir observer une nouvelle fois ce jeune homme.-Et vous ? Nous redoutez-vous ? Me redoutez-vous ? Car après tout, le fait que vous m’ayez interpellé n’est peut être pas significatif du manque de crainte que vous éprouvez à mon égard, mais plutôt d’une sorte de stupidité qui vous a pris au moment où vous jouiez peut être votre vie. Allez savoir. Je ne cherchai pas à être impoli ni mal aimable, mais le fait est que je ne m’étais pas tout à fait remis de la façon dont ce mortel m’avait abordé. La nouvelle génération du Talamasca était vraiment imprévisible. Alors qu’un ancien membre se serait contenté de me surveiller de loin, voir de quitter la pièce afin que je ne me rende pas compte que j’étais observé, ce jeune homme s’était approché et après m’avoir fixé s’était adressé à moi comme si nous nous étions déjà vu. Mais allez savoir, il était envisageable que ce fût le cas et alors, ce jeune homme aurait eu raison de venir me voir. Et si nous nous étions vraiment rencontré ? Non, impossible. Ma mémoire ne me faisait jamais défaut, et je l’aurais sus si ce jeune homme m’avait un jour parlé. A moins qu’il ne m’ait suivit de loin. Quoi qu’il en soit, là n’était pas la question.
Agacé de tourner dans cette salle oppressante par a petite taille, je m’assis sur la banquette, désignant la place à côté de moi afin que le jeune monsieur de la Fontaine fasse de même. |
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 | Sujet: Re: Musée du Louvre : une machine à remonter le temps [Benjamin Bongoin] Lun 6 Avr - 22:08 | |
| Sui eut un sourire ironique.
- Eh bien, dans ce cas, je vais profiter de ma stupidité pour accepter de m'asseoir à côté de vous.
Sui s'exécuta. Il attendit un moment, regardant l'ancien relique en face de lui, avant de baisser la tête et regarder le sol.
- Non...je ne vous redoute pas, pas plus que les autres vampires. Je ne suis peut-être pas un policier expert en matière de la criminalité (une image d'Hajime Keehl lui traversa l'esprit à ces mots), mais je pense pouvoir affirmer que la mort fait partie de mon quotidien.
Sui se redressa et s'allongea contre le dossier du banc, plus détendu.
- Honnêtement, je ne vois pas pourquoi les hommes devraient s'inquiéter en parlant à un vampire...La mort sera toujours aussi proche, quoi qu'on fasse. Après tout, si on ne se fait pas tuer par un vampire, on sera sûrement écraser par une voiture, ou coincé dans un bâtiment en feu, ou assassiné dans la rue par un fou avec une arme, ou mort d'un cancer de je-ne-sais quel organe...si je devais devenir paranoïaque à chaque fois que je croisais un vampire, je devrais aussi le devenir dès que je m'approche trop près de la route ou d'une bougie, et la vie serait bien misérable..."Et c'est ainsi que les hommes cherchent à se divertir pour échapper à leur finitude"...
Ah, que c'était beau, la philo...L'époque où il en faisait au lycée lui manquait presque. Et il avait beaucoup aimé le livre qu'Aria lui avait offert pour Noël. D'accord ou non avec le point de vue de l'auteur, c'était toujours une lecture aussi intéressante. Tous ces romans d'aventures avec des héros imaginaires n'avaient pas ce côté charmant qu'offrait la philosophie. C'était dans ces moments-là que Sui arrivait à apprécier l'intelligence humaine...
- Est-ce que vous trouvez ça bizarre qu'un mortel sache accepter la mort de façon aussi...naturelle ?
Il se tourna alors vers le vampire. Il ouvrit d'abord la bouche, et eut un instant d'hésitation avant de se décider.
- Pardon de vous demander ça comme ça, mais...comment...avez-vous vécu votre transformation en vampire ? Je veux dire- ce n'est pas un évènement qui laisse les gens indifférents...Est-ce que c'était un choix, est-ce qu'on nous a forcé à devenir vampire ? Est-ce qu'on a fini par s'y faire, ou en veut-on encore à son "créateur" ? Comment tout cela s'est-il passé...pour vous ?
Bien que la question soit par simple curiosité, Sui s'était dit que la politesse était à l'appel, cette fois. C'est vrai, on ne demandait pas forcément ce genre de choses à un vampire qu'on venait tout juste de rencontrer...si le vampire décidait de ne pas répondre parce qu'il était un inconnu, il comprendrait parfaitement. |
|  | | Benjamin Bongoin Vampire

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 | Sujet: Re: Musée du Louvre : une machine à remonter le temps [Benjamin Bongoin] Mar 7 Avr - 18:36 | |
| L’homme s’assis à côté de moi, ça remarque me fit sourire. J’étirais mes jambes avant de les replier sous la banquette, les mains croisées sur mes genoux. Le jeune homme prit la parole. Cela me plut de l’entendre parler de la mort avec tant de détachement. On aurait put croire qu’il avait acquis la sagesse des anciens, et qu’il avait vu tant de chose qu’une simple vie de mortelle aurait été trop courte pour les contenir. Pourtant, pas de doute, il était bel et bien mortel. Je sentais son sang couler en lui, et mes tympans résonnaient du bruit de son cœur battant dans sa cage thoracique. La vie était en lui plus qu’ailleurs, et son corps chaud à la chair bien vivante n’avait rien à voir avec celui d’un damné, condamné à boire le sang pour survivre. Je n’allais cependant pas m’en plaindre car je trouvais cela bon de vider un mortel de son sang, cela me procurait même du plaisir.
Monsieur de la Fontaine bougea à côté de moi. Rien d’alertant, il prenait ses aises. Tout était silencieux autour de nous. Quelle heure était-il ? Pas tard, pas encore. Mais la journée touchait à sa fin pour les hommes et le musée fermerait sûrement avant que je n’en sois parti. Peu importe, j’étais bien capable de sortir de cette bâtisse malgré le fait que le gardien l’ait fermée.
Puis, dans un discours structuré et raisonné, le jeune mortel exposa son point de vue sur la mort et sa proximité. C’était si bien pensé que je ne pus m’empêcher de le féliciter intérieurement. Je n’avais pas à faire à un imbécile. C’était gratifiant de pouvoir discuter de temps à autre avec un mortel qui vous connaît et qui n’a pas peur, ni de vous, ni de mourir. Il en fallait bien. Mais ce point de vue, je l’avais moi aussi adopté, bien des siècles au par avant, avant de me voir condamné à mort.-Vous savez jeune homme, en plusieurs siècles d’existence, j’ai eu l’occasion de voir le monde évoluer, et rien ne m’étonne plus de la part d’un être humain. Mais dans votre beau discours, vous avez omis un détail. Si la voiture qui peut vous renverser, on l’incendie qui peut vous brûler vif, je frémis à cette idée, car les flammes pouvaient encore me tuer peuvent tout aussi bien vous tuer que moi, vous oubliez que contrairement à tout cela, moi je tus non seulement par besoin, mais aussi par plaisir. Qu’est-ce qui vous fait penser que j’ai suffisamment but ce soir ?Je marquai une pause, voyant que mon compagnon hésitait à continuer. Puis il se lança. Tandis qu’il parlait, un flot d’image revinrent en mon esprit. Je n’avais jamais vraiment oublié cette nuit où l’on m’avait offert un mort plutôt qu’une autre. Ce cadeau que l’on m’avait fait semblait certes cruel et terrifiant, mais il était offert de bon cœur, et encore aujourd’hui je remerciais en mon fort intérieure Luciano. Dieu seul savait où il était.-En ce qui concerne ma transformation… sachez que je ne l’ai pas choisie, mais que si on m’avait proposé l’immortalité plutôt que la fatalité qui s’offrait à moi, je n’aurais pas hésité. A nouveau, je laissai le silence s’immiscer entre l’enquêteur du Talamasca, au cerveau certainement en ébullition afin de travailler sur un nouveau dossier dés qu’il serait cher lui et moi. Puis, je pris une inspiration et entrepris d’expliquer les circonstances de ma mort de mortel.-Lorsque mon créateur et ami m’a trouvé, j’étais en train de croupir au fond d’une cellule, attendant avec angoisse l’aube, où je trouverais la mort pour hérésie. Mais tel un envoyé du diable, Luciano est entré en silence dans mon cachot après avoir semé la mort dans le château où j’étais enfermé. Il m’a alors offert de vivre éternellement dans ce corps surnaturel plutôt que de vivre quelques heures de plus dans mon corps de mortel. Je ne lui en veut pas, car c’était fait de bon cœur et plutôt utile en vérité. Il m’a sauvé à sa façon. Et bien sûr que je m’y suis fait, autrement, je ne serais pas là aujourd’hui. En fin de compte, je ne peux en vouloir à mon créateur que pour une chose, il m’a laissé sans nouvelles de lui pendant cinq siècles, et c’est long. C’est le seul vrai immortel que j’ai connu. Tous les autres n’avaient pas le courage nécessaire pour affronter le temps. C’est aussi le seul don je supporte la compagnie.Je tournai la tête vers monsieur de la Fontaine et fixai mon regard d’ambre dans le sien.-Mais dîtes-moi monsieur de la Fontaine, ne seriez vous pas en train de réfléchir à un dossier sur moi ? Si c’est le cas, sachez que je me nomme Benjamin, Benjamin Bongoin. Et j’ai plus de sept cent ans, dis-je un sourire narquois accroché aux lèvres. |
|  | | Invité Invité
 | Sujet: Re: Musée du Louvre : une machine à remonter le temps [Benjamin Bongoin] Lun 13 Avr - 18:33 | |
| Clic.Sui eut une terrible envie soudaine de se donner un grand coup dans la tête et de s'assommer, mais se contenta de plonger son visage dans ses mains avec un soupir. Bien sûr...Maintenant il savait où il avait vu ce vampire...il y avait trois semaines, il avait reçu une lettre de la part du Secrétaire Général de Londres qui lui demandait de trouver des informations sur Benjamin Bongoin, un vampire à Paris, et la lettre avait été accompagné d'une photo. Sui ne s'était pas attardé sur le courrier et l'avait simplement rangé la photo dans l'enveloppe où elle était arrivée et l'avait placé Dieu-sait-où. Sui releva la tête vers son voisin. - M. Bongoin, je vous promets que l'idée de dossier ne m'a pas une seule fois effleuré l'esprit de toute la conversation jusqu'à présent- mais maintenant que vous le dites, je viens de me rappeler que j'étais censé "trouver autant d'informations possible" sur votre passé, une mission du Talamasca. Il ouvrit la bouche, eut un instant d'hésitation, puis se tourna entièrement vers le vampire. - Je vais être clair et honnête : bien que trouver des informations sur divers personnes concernées par le surnaturel et de les replacer dans des dossiers soit mon travail, j'ai horreur de devoir les arracher aux gens, ce qui est parfois nécessaire. Même si je peux avoir l'air du type froid qui n'a pas peur de devoir menacer les autres pour avoir ce qu'il veut, ce n'est absolument pas le cas. Sui leva la tête vers lui et le regarda dans les yeux. - Je vais vous le demander qu'une fois : avant de poursuivre, êtes-vous sûr de vouloir confier votre histoire à un agent du Talamasca tel que moi afin d'en faire un dossier pour le placer dans les archives ? Sachez que, puisque c'est la mission que l'on m'a confiée, je trouverais bien un moyen de rassembler des informations...mais je veux savoir si vous êtes prêt à me raconter de manière entièrement volontaire votre passé. |
|  | | Benjamin Bongoin Vampire

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 | Sujet: Re: Musée du Louvre : une machine à remonter le temps [Benjamin Bongoin] Mar 5 Mai - 18:33 | |
| Un sourire se dessina malgré moi sur mes lèvres lorsque Monsieur de la Fontaine m’avoua qu’il enquêtait sur moi. Quelle heureuse coïncidence ! Mais cela était prévisible, je n’avais jamais entendu dire qu’un membre du Talamasca puisse prendre du bon temps sans jamais penser à son travail. Trop palpitant pour un passionné dont la vie mortelle se révélait bien trop courte pour pouvoir vivre diverses expériences radicalement opposées et pouvoir les mener à terme.
Le jeune homme marqua de nouveau une courte pause et repris expliquant qu’il aurait ses informations quoi qu’il arrive, mais sans jamais les « arracher ». Je l’écoutais, immobile et silencieux, mon regard enregistrant des myriades d’informations sur la salle dans laquelle nous étions, mes oreilles captant les intonations de mon interlocuteur. Je me levai soudain et me mis à faire les cent pas devant lui qui me regardait toujours. Mon regard rivé sur le sol et les mains jointes dans le dos, je réfléchissais avant de prendre à mon tour la parole.[/i] -Tout d’abord jeune homme, quelques soient vos manières, sachez qu’à mes yeux vous ne pourrez jamais égaler la froideur de l’être que je suis. Les siècles ont polis mon visage le rendant si lisse qu’aucune émotion ne serait s’y imprimer sans que je ne singe mes sentiments aux moyens de mimiques variées. Alors ne vous en faites pas, ce ne sont pas vos façons de faire qui risques de me déranger. Je tue chaque soir, et parfois même plusieurs fois.Je m’arrêtai juste devant lui, plongeant mon regard ambré dans ses yeux, sondant son esprit. J’étais un être surnaturel, un traqueur sans pitié et un redoutable tueur, un mortel ne devait donc pas craindre de me paraître inamical, car je l’étais moi-même. J’entrouvris la bouche laissant luire mes deux fabuleuses canines avant de les dissimuler en un éclair et de reprendre.-Pour ce qui est de ma proposition, cela tien bien sûr toujours. Je suis prêt à vous livrer des éléments sur ma vie. Ma vie humaine tout comme ma vie de damné. Je pense qu’il n’existe aucune créature capable de garder tous ses secrets pour elle sans sombrer dans une folie destructrice. Il est toujours bon de faire le ménage là dedans.-Je montrai du doigt ma cage thoracique- De tout effacer de sa conscience et de repartir de zéro. Qui sait, peut être qu’après ça et lorsque j’en éprouverais le besoin, je viendrais vous chercher, afin de discuter. A compter que vos méthodes me plaisent bien entendu.Je m’arrêtai cette fois-ci totalement afin de contempler la beauté juvénile de ce jeune homme. Beauté qui contrairement à la mienne s’alternerait au fil du temps. Qui sait, peut être que je ne ferais même pas attention à la course des années et que cet homme mourra avant même que je ne me rende compte que l’on changeait pour la énième fois de décennie. La vie d’un être de mon espèce est si longue qu’il est parfois difficile d’avoir une notion précise de la longévité humaine.-Alors Monsieur de la Fontaine, que vous a ton demandé de ramener à mon sujet ? Quelques anecdotes croustillantes sur ma longue existence ? Des secrets terribles et inavouables ? Je pourrais m’allonger sur cette banquette, les mains croisées sur le ventre et vous parler de mon enfance et des multiples traumatismes que j’ai dut affronter, comme vous le faites vous autres êtres humains chez vos psychologues. Non, je crois que ce ne serait pas suffisamment digne d’intérêt car après tout, si vous avez parlez durant toute votre vie professionnelle avec des gens de mon espèce, c’est pour moi une grande première que de me livrer à un mortel.Pointe d’humour mêlé à un soupçon d’agressivité. Allons, du calme Benjamin, il ne fait que ce pour quoi il est payé.-Au fait, vous êtes bien payé ? Ce que je veux dire par là c’est que vous prenez un risque considérable à aller interroger des buveurs de sang à longueurs de nuits. Il faut bien un petit quelque chose pour vous poussez à risquer votre peau comme ça ? Ou alors c’est l’amour du risque. |
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 | Sujet: Re: Musée du Louvre : une machine à remonter le temps [Benjamin Bongoin] Jeu 14 Mai - 17:46 | |
| - Je tue chaque soir, affirma le vampire, et parfois même plusieurs fois. Vous vous dites un tueur froid et cruel, mais je n'en a pas particulièrement l'impression, pensa Sui. Le vampire s'arrêta et le fixa avant de reprendre son discours. Sui ne put faire autrement que de l'écouter attentivement. Hmm...son salaire n'avait rien à voir dans sa décision. Il aurait pu vivre dans le luxe depuis le temps s'il en avait eu envie, mais il avait préféré s'installer dans un petit appartement tranquille proche de sa bibliothèque préférée- ce n'est pas pour rien qu'il avait passé un baccalauréat littéraire- et utilisait l'argent en trop pour le donner a son pere ou des gens qui en avaient besoin. L'amour du risque ? Il n'en avait pas. Si on devait le formuler autrement, ce serait plutôt que la peur du danger était un aspect humain qui manquait chez lui. Non pas que le danger le laissait indifférent, mais...le sentiment de danger était, pour lui, un obstacle. Et Sui n'aimait pas les obstacles. Il sourit. - Peut-être faudrait-il me voir comme un homme des mathématiques et sciences passionné par la philosophie des grands penseurs et des histoires des anciens... Je ne me lasse jamais d'écouter les paroles d'un vampire, d'en apprendre sur sa vie, mortelle et immortelle, d'en apprendre sur son monde d'origine et son "évolution" à travers les siècles. L'argent et le risque ne valent rien pour moi ( plutôt, il évitait les pousées d'adrenaline comme la peste), la sagesse et les connaissances sont tout ce qui compte à mes yeux. (Eh oui...Sui, c'est un de ceux qui tient à son cerveau et qui traite le reste du monde comme étant des abrutis...) |
|  | | Benjamin Bongoin Vampire

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Feuille de personnage Pouvoirs: Télékinésie, télépathie, bref tout un tas de pouvoirs que les mortels ne peuvent qu’effleurer de leur imagination. Age: 758 ans Camp: Neutre
 | Sujet: Re: Musée du Louvre : une machine à remonter le temps [Benjamin Bongoin] Ven 22 Mai - 18:25 | |
| Un fin sourire apparu sur mon visage en entendant les explications de Monsieur de la Fontaine. Un sage que cet homme là. Ainsi il n’en avait que faire de l’argent et sa seule motivation était le savoir. Oui. C’était là un but on ne peut plus honorable et je ne pouvais que tirer mon chapeau à cette créature frêle et pourtant si réfléchie. La sagesse ne s’acquière donc pas avec les siècles, du moins pour certains. D’après moi, il n’existait rien de plus beau que le savoir, c’est du moins ce que Luciano m’avait enseigné. Mais un homme qui disait tout savoir ne pouvait être qu’un ignorant. Or, ce jeune enquêteur du Talamasca continuait à chercher autour de lui, à fouiller. Il savait donc sûrement que e savoir absolue lui serait inaccessible et son amour de la découverte le mènerait bien plus loin que la plus part des mortels. Je me félicitai d’avoir à narrer mon histoire à quelqu’un de plus intelligent que la moyenne des humains.
Mon sourire toujours pendu aux lèvres, je tournai le dos à Monsieur de la Fontaine, regardant la nuit envelopper la belle capitale qu’était Paris. Le musée fermait-il ? Peut importait. J’aurais put rester là la nuit entière sans me soucier de comment sortir. De toute manière je pouvais aisément déverrouiller une porte juste en m’imaginant le faire.-Venons en aux faits Monsieur de la Fontaine. Comme je vous l’ai dit, j’a plus de sept cent ans.Je me tournai pour faire face à mon interlocuteur. D’un pas lent je m’approchai de lui, quittant la fenêtre et la vue qu’elle m’offrait.-Que voulez-vous savoir ? Je pourrais vous narrer mes sept siècles d’existence bien que deux seulement soient réellement dignes d’intérêts. Je pourrais également choisir un moment bien particulier de ma vie d’immortel, mais je n’ai que l’embarra du choix et je ne sais si cela vous conviendrait. Aussi je vous demande de bien vouloir aiguiller mes révélations. |
|  | | Invité Invité
 | Sujet: Re: Musée du Louvre : une machine à remonter le temps [Benjamin Bongoin] Jeu 4 Juin - 20:23 | |
| Sui sourit. Le vampire avait l'air de comprendre ses propos. En même temps, difficile d'imaginer que ce ne serait pas le cas, pour un immortel. Maintenant qu'il y repensait, il en avait croisé plein, des immortels. Voilà déjà cinq ans qu'il faisait partie du Talamasca... Il avait vu de tous genres. Les "végétariens" comme il les appelait, ceux qui refusaient de faire du mal à un humain et qui se nourissaient uniquement de sang d'animaux, jusqu'aux pire tueurs. Les novices les plus récents ayant été transformés la veille de leur rencontre, jusqu'aux plus anciens vieux de plusieurs millénaires. Chacun avait été de taille et de corpulence différente, d'origine et de culture diverses...la totale. Il n'était pas psychologue -loin de là- mais il avait l'impression -pour l'instant- que Monsieur Bongoin était de ceux qui se disaient de cruels tueurs pour être tranquilles et qu'on ne les embête pas. Ou alors peut-être parce que, comme bon nombre de vampires, il avait cette part de culpabilité (consciente ou inconsciente) de faire ce qu'un vampire doit faire pour survivre. Après tout, tuer n'eétait pas ce qui faisait partie de la moralité de tous les jours des mortels. Il ne comptait pas suggérer que les vampires n'étaient pas humains -il avait déjà croisé des vampires qui étaient de loin plus humains que les humains eux-mêmes- mais les vampires n'avaient pas forcément les mêmes points de vue sur la vie que les mortels. ...Après, comme dit, il n'était pas psychologue, alors ses impressions étaient parfaitement capables d'être tout ce qu'il y avait de plus faux. - Eh bien...Commençons par le début. Votre vie de mortel. Qui était votre famille ? Comment vivaient les gens à votre époque ? |
|  | | Benjamin Bongoin Vampire

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 | Sujet: Re: Musée du Louvre : une machine à remonter le temps [Benjamin Bongoin] Ven 12 Juin - 18:50 | |
| Toujours immobile, je me replongeai alors dans mes souvenirs les plus anciens. Je revoyais le soleil illuminer les montagnes et les champs aux épis dorés. Mon regard se perdait dans le bleu du ciel. Comme cela faisait longtemps. Sept cent ans. Pourtant je m’en souvenais encore bien. Je soupirai. Je ne savais pas ce qu’étaient devenus les miens. Mon père avait été accusé de mon évasion et avait été tué sur la place publique à ma place. Cela avait été fait quelques heures avant mon éveil à la nuit, alors que je dormais dans la crypte d’une église, affaibli par le soleil et incapable d’agir. Mais j’avais sut me rattraper. Inconsciemment mes doigts se portèrent aux petit crucifix qu’une chaîne tenait atour de mon cou. Le métal de l’objet reposait contre la chaire de mon torse de nacre. Une véritable relique que je me trimbalais depuis le jour de ma première chasse en quête de sang. Le regard dans le vague je me souvins et je ne fus pas surpris d’apprécier ces images. Le vieux curé vidé de son sang dans son lit, alors qu’il pensait que son crucifix le protégerait du démon que j’étais devenu.
Lentement, je me tournai pour faire face à Monsieur de la Fontaine, la croix toujours serrée dans mon poing dont dépassait la chaîne qui faisait le tour de mon cou.-Sans doute vous a-t-on parlé de la société d’Ordres à l’époque médiévale de l’histoire de France. Il y avait d’abord l’Ordre le plus prestigieux mais le moins représenté : le clergé, puis venait celui de la noblesse, et enfin, le mien, le Tiers Etat. J’étais fils de paysans. J’avais à l’époque trois sœurs. Chacune d’elle rivalisait de beauté avec les deux autres et elles étaient la fierté de mon père. Moi, seul fils de mon géniteur, j’étais les bras et la tête. Je travaillais dans les champs en compagnie de mon père et parfois de travailleurs journaliers. Ca n’était pas facile de subvenir aux besoins de notre famille, mais nous ne pouvions pas nous plaindre, nous avions un toit.Je relâchai le crucifix qui retourna à sa place contre la peau de ma poitrine blanche que l’on voyait à travers le col ouvert de ma chemise couleur nuit. Je ne croyais pas avoir reparlé de ma famille au cours de ces sept siècles d’existence. Je n’étais même pas sur d’y avoir repensé.Ca, c’était pour la partie Tiers Etat. Nous étions bien sûr en contacte permanant avec les deux autres Ordres. Nous avions un curé au village. Un sale type que je ne pouvais pas supporter, et il me le rendait bien. C’est lui qui m’a offert ce magnifique crucifix d’ailleurs. Enfin, pour parler de la noblesse, nous avions un petit seigneur qui vivait à l’écart du village et qui nous taxait sans scrupules chaque année. Il n’était pas bien méchant et plutôt soumis à vrai dire. Le clergé avait à l’époque beaucoup de pouvoir et l’homme qu’il fallait avoir dans la poche n’était pas cet aristocrate de pacotille mais belle et bien le curé. Nous travaillons donc durement pour pouvoir avoir une vie décente dans un monde de boue et de crasse où les hommes vivaient tout aussi salement que les bêtes. Je suis heureux d’avoir survécu à cette époque. Je peux si je le veux l’oublier sous un flot de souvenir postérieurs à la vie mortelle.Je m’arrêtai regardant mon interlocuteur. Je devais lui sembler identique à un livre d’histoire. Comment imaginer que moi j’avais connu ce que lui ne pouvais que lire dans des livres approximatifs ? Mais je n’étais pas le premier vampire qu’il rencontrait et il avait dut en entendre des histoires. |
|  | | Invité Invité
 | Sujet: Re: Musée du Louvre : une machine à remonter le temps [Benjamin Bongoin] Jeu 25 Juin - 15:06 | |
| Il n'y avait pas grand chose à dire. Sui fixait intensément le vampire devant lui, avalant chacun de ses mots sans en louper un seul. Même s'il ne l'avouait pas et le cachait comme il pouvait, en réalité Sui aimait en savoir sur l'Histoire, sur l'évolution des humains dans le monde, leur manière de vivre aux divers époques pour les comparer à celle dans laquelle il vivait en ce moment-même. Les bouquins d'histoire pouvaient être aussi précis qu'ils le voulaient, ce n'était rien à côté des récits vampiriques desquels il en bavait dès qu'il croisait l'un de ces anciens sages. Eux avaient connu l'époque. Eux avaient vu le monde évoluer, et se faire réduire en poussière par les guerres, la pollution, les bêtises que nul autre animal ne pouvait faire. Jamais, en un million d'années, il ne viendrait à l'esprit des lions de prendre des fusils et s'entre-tuer, ou aux poissons d'inventer des appareils de climatisation pour refroidir l'eau de l'océan... Il ne pouvait que s'en remettre aux vampires pour lui raconter ce qu'ils ont vu, ce que nul autre aujourd'hui vivant a vécu. - Et pourtant, dit Sui après la dernière phrase de monsieur Bongoin, ce serait dommage de jeter tous ses souvenirs ainsi. Des souvenirs que nul n'autre peut avoir... |
|  | | Benjamin Bongoin Vampire

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 | Sujet: Re: Musée du Louvre : une machine à remonter le temps [Benjamin Bongoin] Mer 15 Juil - 9:04 | |
| J’aquiesçai en silence. Tant de souvenirs devaient ressembler à un flot d’or pour un historien ou pour n’importe quel mortel s’intéressant un tant soit peu à la valeur de l’Histoire.-Dommage en effet Monsieur. Mais je constate que je ne vous ai fait que relater ce qu’un livre aurait pût vous décrire. Une généralité comme la vivait tous mes contemporains et ceux qui vinrent durant le millénaire correspondant aujourd’hui à l’époque médiévale. Aussi voici quelques détails supplémentaires.Je levai les yeux vers le haut plafond du musée cherchant mes mots. Puis je m’élançai.-Voilà donc pour ce qui était de la petite introduction. Je suis donc né par un froid matin d’hiver dans les années 1200. Je ne peux guère vous décrire l’environnement au moment de ma naissance mais en deux décennies durant lesquelles j’y ai vécu, il n’a pas changé d’un pouce. Aussi je peux me risquer à une description qui probablement sera assez proche de celle que devait faire les villageois avant que le jeune Benjamin Bongoin voit le jour.
Je suis donc né par un beau matin où la neige couvrait de son manteau blanc jusqu’à la moindre parcelle de terre. Mon village devait se trouver aux pieds des montagnes, au centre du royaume de France. Il ne comptait pas plus d’une soixantaine d’âmes. Il comportait donc relativement peu de maisons, une petite vingtaine d’habitations en pierres grises et sèches pour les plus aisés. Sans cela, les bâtisses étaient dotées du légendaire toit de chaume et les murs fait d’un mélange de terre et de fumier isolaient à peine de la chaleur. Il y avait également dans le centre du village une petite église elle aussi faîte de ces pierres grises et râpeuses. Je vois encore le clocher dominer les autres toits et j’entends la cloche sonner à la volée. En y réfléchissant bien, je crois bien que la première image gravée dans ma tête est celle du cloché au toit enneigé derrière lequel on pouvait voir le château du duc se découpant entre ciel et terre. C’était dans ce château que ma mère faisait office de servante. Il fallait bien ramener un peu d’argent à la maison. Mon père lui cultivait un lopin de terre que le duc lui avait si « gracieusement » offert. Avec le temps je devais l’aider à y travailler. Nous étions loi d’être les plus riches mais nous n’étions pas les plus pauvres non plus. Si mon père n’avait pas sa propre charrue –signe d’une grande aisance- il avait comme je vous l’ai dit son propre bout de champ et n’avait pas besoin de vivre au jour le jour à arpenter les rues à la recherche de travail. Mes sœurs elles tenaient la maison. Sans doute ont-elles finis par servir chez le duc tout comme ma mère. L’avenir ne me l’a pas dit. Mais si je ne sais pas ce qui leur ai arrivé je devine cependant le sort qui leur aura été donné par les hommes du village.
J’ai grandis dans ce village en bon fils de paysan. J’allais à la messe chaque dimanche et bien sûr j’avais été baptisé. Le curé était un brave homme plein de joie de vivre. Il m’invitait à le rejoindre de temps à autres et me permis d’apprendre à lire et à écrire mieux que la plus part de ses ouailles. Il a vraiment été bon pour moi et je regrette qu’il ai dû partir lors de ma dix-septième année car cela marqua réellement le tournant de ma vie suite à quoi j’allais accéder à l’immortalité d’une façon tout à fait différente de celle dont pensaient les hommes d’Eglise.
Ce bon vieux curé partit donc un beau jour pour je ne sait quelle destination. Je devais pour ma part rester au village à y travailler dans les champs épaulé par mes sœurs qui venaient de plus en plus nous aider car nous n’avions certes pas les moyens de nous payer un journalier pour venir travailler dans notre champ.
Puis arriva le deuxième curé, un être fourbe et totalement dépourvu de cervelle. Pour lui l’amour de Dieu devait suffire à nourrir un homme. Il n’y a bien que les hommes d’Eglise pour croire que le corps et le sang du Christ puissent suffire à l’existence d’un être de chair et de sang se tuant mille fois par jour au travail. Au début, bien que je ne cachais guère mon manque de sympathie –appelons mon aversion en ces termes- je faisais bonne figure en me présentant à tous les offices. Puis mon père vieillissant, je dû décupler mes efforts dans les champs afin de parvenir à nourrir ma famille. Ca n’est pas que mon géniteur était si vieux que ça mais notre espérance de vie n’était pas celle d’aujourd’hui et un homme d’une quarantaine d’année devait penser à rédiger son testament. De plus, les hivers étaient rudes et je ne serais pas surpris d’apprendre que mon père souffrait de quelques maux aux poumons. Bref. Je travaillais donc comme un bête et parfois lorsque les temps étaient durs je devais manquer les offices bien malgré moi afin de continuer à travailler.
Le curé me teint rigueur de ces absences répétées et alors que nous nous disputions violemment –lui cherchant à faire comprendre à tous que j’étais un adorateur du Diable au nom duquel j’avais repoussé l’amour du Tout Puissant tandis que je répondais en m’échauffant que seul un parfait imbécile pouvait croire en de tels propos- il m’accusa d’hérésie et influençant le duc me condamna à mort. J’entend encore les sanglots déchirants de mes sœurs, l’une d’elles plus jeune que moi s’accrochait à moi lorsque les hommes du duc virent m’arrêter. Etrangement, les villageois s’étaient en partit révolté et avaient protesté contre un bûcher alors que l’hiver rude nous intimait à rationner le bois. Je devais être pendu.
C’est dans ces cachots que je rencontrais mon créateur. Il arrivait, blanc comme la neige que je connaissais si bien et se présenta à mon esprit comme un sauveur ayant répondu aux pleurs de mes sœurs si douces et si belles à la fois. Il me pris mon sang et me le rendit mêlé au sien.
Nous nous échappâmes du château mais lorsque nous revîmes la lune la nuit suivante, mon père avait été pendu à ma place.Une larme de sang coula le long de ma joue de nacre et ma voix tremblait de rage comme à chaque fois que j’évoquais cette nuit, la première nuit de ma damnation. Mon poing se resserra sur la relique qu’était mon crucifix. Un trophée de chasse auquel j’accordais plus d’importance qu’à tout autre trésor.-Ce soir là, le sang coula à flot alors que je déchirais de mes tout nouveaux crocs la gorge de ce misérable curé. Il baignait dans son sang puant lorsque je l’ai quitté. Ce fut le début de mes innombrables meurtres. Comprenez-moi Monsieur, comprenez-moi avant de me juger. Cet homme non content de prendre la vie de mon père pour une raison futile et dénuée de sens vouait mes sœurs et ma mère à être mis au ban de la communauté. Peu être l’un de vos prédécesseur au Talamasca a-t-il eu pour mission de se renseigner sur ces quatre femmes que l’on accusa certainement de sorcellerie. |
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